11 décembre 2012

2012, la fin du monde. Pourquoi pas en 2033 ?

Le calendrier Maya aurait prédit la fin du monde pour le 21 décembre. Avec un film hollywoodien décrivant à merveille une apocalypse mêlant tsunami marin et volcanique, il n’en faut pas plus pour alimenter une pseudo-psychose collective. Oui mais voilà...


Brouillard temporel


Entre temps, depuis 2012 le film, un démenti médiatique voit le jour. Comme personne ne sait vraiment compter en Maya, la date n’est plus valide. Et de toute façon, il s’agirait d’un changement de cycle, pas d’une fin.

La plupart des croyances sont fondées sur un mythe de l’éternel retour, une vision cyclique du monde, souvent basée sur les saisons, les années.  La religion chrétienne a rompu le cercle avec l’apocalypse. Cependant, le paradis est aussi un retour aux origines...

Cyclique ou linéaire, le temps se meut de manière étrange, effaçant parfois ses traces. Il est donc aussi difficile d’identifier précisément la naissance de Jésus-Christ. Pas la moindre preuve que ce soit un 24 décembre au soir. Ni même que ce fut l’année en question.

Dans ce flou temporel, mieux vaudrait ne pas évoquer une date précise afin de ne pas se tromper. Ce fut le cas de Raoul Glaber, moine du XIème siècle, dont les « Histoires » servirent de support à une propagande efficace, les peurs de l’An Mille, à ne pas confondre avec le millénarisme, courant correspondant à l’avènement d’un âge d’or de 1000 ans succédant à l’Apocalypse.

Même pas peur, sauf de l’associé du diable


Si vous croyez encore que les hommes de l’an mille redoutaient la fin du monde, sachez que cette théorie est complètement révolue. Raoul Glaber n’évoque ni peurs collectives ou panique globales, mais des pluies soutenues en 1033 – soit 1000 ans après la mort de Jésus – assimilables au déluge. On pourrait donc tout aussi bien interpréter que l’Apocalypse se produira en 2033.

Si les Peurs de l’An Mille sont reléguées au rang de légende, le millénarisme lui, figure toujours dans les livres d’histoire et les croyances religieuses modernes. Avant cet âge d’or, il doit se produire une apocalypse annoncée par une figure que le Moyen Âge a façonnée : l’Antéchrist. Forgé au VIIIème par un moine nommé Pierre, l’Antéchrist dirige les catastrophes naturelles annonciatrices de la fin des temps.

Duel chevaleresque


Heureusement pour l’humanité, L’Empereur de la fin des temps se dresse face à l’Antéchrist pour l’anéantir et parvenir à l’âge d’or. Ce duel chevaleresque fut repris maintes fois comme objet de propagande nationale, identifiant en Allemagne Barberousse ou Frédéric II à l’Empereur de la fin des temps, ou Louis VII en France. Ici encore, cette mythologie semble avoir puisé sa source dans la légende chevaleresque païenne plutôt que l’inverse.

Tsunamis, tempêtes, réchauffement climatique… Les indices sont encore nombreux qui permettent d’interpréter une fin proche du monde. A qui pourrait-on associer les deux figures légendaires pour se distraire ? Barack Obama en Empereur de la fin des temps face à Bachar Al Assad l’Antéchrist ? Autant le président américain endosserait bien l’habit de sauveur du monde, pour la plus grande jalousie de Nicolas Sarkozy, autant Bachar Al Assad ne fait pas suffisamment peur pour être l’Antéchrist.

Dans ces conditions, sommes-nous proches de la fin du monde ? Et qu’est-ce que la fin du monde ? Aujourd’hui, la destruction de la Terre ne signifierait pas celle de l’Univers. Les découvertes astrophysiques ne nous font-elles pas envisager une ou des vies extraterrestres ? La science, plutôt que de rationnaliser notre univers, a simplement ouvert le champ des croyances.

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